ENTRETIEN AVEC la Pr Lauren Sansing

Pr Sansing (Yale School of Medicine) Membre du Scientific Advisory Board du projet TIPITCH

À l’issue de la réunion annuelle TIPITCH, organisée à Lille, nous avons échangé avec la Pr Lauren Sansing, neurologue experte internationale en Accidents vasculaires Cérébraux et membre du Scientific Advisory Board du projet. Elle revient sur les avancées, les spécificités et les défis du programme.

 

Quel regard portez-vous sur les travaux présentés dans le cadre du projet TIPITCH ?

J’ai été vraiment impressionnée par l’ensemble des travaux présentés. Ce qui est remarquable, c’est de voir à quel point, en un temps relativement court, des équipes issues de nombreuses institutions ont réussi à se structurer et à travailler ensemble de manière cohérente.

Le projet aborde la problématique de l’hémorragie intracérébrale sous plusieurs angles complémentaires, en ciblant notamment trois grands enjeux :

  • l’expansion précoce de l’hématome
  • la dissolution du caillot
  • les lésions secondaires

Ce sont là des défis majeurs, au cœur des perspectives thérapeutiques dans cette pathologie. Les progrès réalisés sont très encourageants. On ressent une véritable dynamique, une énergie collective et beaucoup de créativité pour faire avancer la recherche.

 

 

Selon vous, qu’est-ce qui distingue TIPITCH dans le paysage international de la recherche sur l’AVC hémorragique ?

TIPITCH est un projet vraiment unique par sa complémentarité et son échelle.

Il couvre un spectre très large, allant de la recherche fondamentale — avec des modèles expérimentaux sur le caillot — jusqu’à des cohortes prospectives nationales de grande ampleur, qui permettent d’étudier le devenir des patients et leur récupération sur le long terme.

Cette capacité à relier les mécanismes biologiques à leur mise en application clinique, au sein d’un même projet, est extrêmement rare.

À cela s’ajoute une organisation très structurée : les équipes se réunissent régulièrement, partagent leurs résultats et réfléchissent collectivement, depuis les mécanismes physiopathologiques jusqu’à l’implémentation en pratique clinique.

À ma connaissance, peu de projets dans le domaine de l’hémorragie intracérébrale atteignent un tel niveau de profondeur scientifique et de coordination.

 

Quels sont, à ce stade, les principaux défis scientifiques à relever ?

L’un des défis majeurs concerne ce que l’on appelle la « généralisabilité » des résultats.

Autrement dit : comment s’assurer que ce que l’on observe dans les modèles expérimentaux ou dans certains essais cliniques reflète bien la diversité des situations rencontrées chez les patients ?

Cela implique plusieurs questions importantes :

  • comment concevoir des modèles expérimentaux représentatifs de la réalité clinique ?
  • quels critères d’inclusion définir dans les essais pour inclure des patients représentatifs ?
  • comment équilibrer précision scientifique et applicabilité en pratique réelle ?

Ces choix sont essentiels, et ils seront largement éclairés par les données générées dans TIPITCH.

La mise en place d’une grande cohorte nationale est, à ce titre, un atout majeur : elle permettra de mieux comprendre quels patients bénéficient le plus des différentes approches et d’orienter les futurs essais cliniques.

 

Si vous deviez résumer TIPITCH en un mot ?

Révolutionnaire.

 

À travers cet échange, la Pr Lauren Sansing souligne la singularité du RHU TIPITCH : un projet ambitieux, structuré et profondément collaboratif, qui contribue à faire avancer de manière concrète la recherche et la prise en charge des hémorragies cérébrales.

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