Les hémorragies intracérébrales spontanées (aussi appelées Accident Vasculaire Cérébrale – AVC hémorragiques) restent aujourd’hui des formes d’AVC particulièrement graves, avec des conséquences importantes pour les patients et leurs proches.
Face à ce défi, le projet de recherche hospitalo-universitaire (RHU) français TIPITCH mobilise depuis 2024 une large communauté de chercheurs, médecins et partenaires pour faire avancer la recherche et améliorer la prise en charge.
L’objectif : mieux comprendre, mieux traiter et mieux accompagner les patients, à toutes les étapes de leur parcours.
Un projet structuré autour de 4 grands axes
Le projet TIPITCH repose sur plusieurs axes complémentaires, qui permettent d’agir à différents moments de la maladie.
1. Limiter l’aggravation de l’hémorragie
Dans les premières heures, l’un des enjeux majeurs est d’empêcher l’hématome (le saignement dans le cerveau) de s’aggraver.
Les équipes travaillent actuellement au développement de dispositifs miniatures innovants, capables de moduler temporairement la circulation sanguine pour limiter l’extension du saignement.
Ces technologies sont encore en phase expérimentale, mais elles représentent une approche totalement nouvelle dans la prise en charge de l’AVC hémorragique.
2. Améliorer l’évacuation de l’hématome
Dans le cas de l’AVC hémorragique, l’un des enjeux importants nécessite d’évacuer l’hématome pour soulager le cerveau.
Les chercheurs du RHU TIPITCH développent et testent des méthodes moins invasives, associant petits gestes chirurgicaux et traitements permettant de dissoudre le caillot.
Un point clé : mieux comprendre la composition du caillot pour adapter le traitement à chaque patient.
Cette approche ouvre la voie à une médecine plus personnalisée, notamment pour les patients sous anticoagulants ou à risque de saignement.
3. Mieux comprendre les lésions autour de l’hémorragie
L’impact d’un AVC ne se limite pas à la zone du saignement : les tissus autour sont aussi affectés (inflammation, œdème…).
TIPITCH développe des outils d’imagerie très avancés (IRM, PET scan) pour :
- mieux visualiser ces phénomènes
- comprendre leurs conséquences
- identifier de nouvelles cibles thérapeutiques
Un essai clinique est également en cours pour tester un traitement médicamenteux capable de moduler l’inflammation et donc limiter les dommages secondaires.
4. Placer les patients au cœur de la recherche
C’est une caractéristique du projet. Le RHU TIPITCH met en place une grande cohorte nationale qui suivra à terme jusqu’à 2000 patients pendant plusieurs années, afin de mieux comprendre l’évolution de la maladie et améliorer les parcours de soins. Les patients et leurs proches sont également associés directement au projet :
- participation à la réflexion sur les parcours de soins
- contribution à la recherche
- amélioration de l’information et de l’accompagnement
L’objectif est clair : faire de la recherche avec les patients, et non seulement pour les patients.
Une dynamique collective forte
Deux ans après son lancement, TIPITCH montre une dynamique très positive. Lors de la dernière réunion annuelle, les équipes ont souligné :
- la forte collaboration entre les centres
- l’innovation au cœur du projet
- et une montée en maturité du programme
Les échanges entre chercheurs, cliniciens et patients contribuent à construire un véritable écosystème de recherche collaboratif, tourné vers des solutions concrètes.
Pourquoi ces travaux sont importants pour les patients ?
Aujourd’hui, les options thérapeutiques pour l’AVC hémorragique restent limitées.
Les recherches menées dans TIPITCH visent à :
- améliorer les traitements en urgence
- réduire les séquelles
- adapter les prises en charge aux profils des patients
- mieux accompagner les patients dans la durée
Même si ces avancées prennent du temps, elles sont essentielles pour espérer, à terme, des traitements plus efficaces et personnalisés.
Le projet TIPITCH représente aujourd’hui l’un des grands efforts de recherche en France sur les hémorragies cérébrales.
Grâce à une approche globale, de l’urgence à l’après-AVC, en passant par l’innovation technologique et l’implication des patients, il ouvre des perspectives concrètes pour améliorer la prise en charge.


